Le réseau de Seth

xcover-1920Quand je regarde les reportages sur « Les anciens extraterrestres », je ne peux pas m’empêcher de penser que leurs concepteurs ont de l’imagination et que cela ferait un bon scénario de SF. C’est exactement ce qu’a réalisé Sylvain Sylvero, l’auteur de « Le réseau de Seth », premier tome de la série « Civilisation ». Avec brio, il a repris les extraterrestres, les pyramides, il y a ajouté quelques problèmes actuels et bien réels et  a mélangés le pour en créer ce roman. Mais il s’agit bien d’une fiction, pas d’une tentative de rendre crédibles ces lointains ancêtres. D’ailleurs, l’histoire ne se passe pas sur Terre.

Seth est une planète peuplée par trois races, autrefois ennemies. Elles se sont retrouvées là parce qu’à la suite d’une guerre terrible qu’elles se sont menée, elles ont si épuisé leurs ressources qu’elles ont finalement été obligées de collaborer en s’installant sur un même monde. Seth est dominé par le réseau, une sorte d’internet des objets auquel chaque individu est relié par une puce implantée à la naissance. Le réseau voit tout, le réseau sait tout. Le réseau peut aussi choisir la compagne idéale pour chaque gaïen (les humains de ce monde). Les gaïens sont devenus dépendants du réseau au point de ne plus pouvoir s’en passer. Il fonctionne grâce aux pyramides, des centrales construites par la race des Érudits (la seconde race) capables de convertir l’énergie solaire en énergie utilisable par le réseau. Ce système présente un revers, il réchauffe le climat planétaire au point de déclencher des tempêtes si violentes que la seule solution est de s’abriter quand elles surviennent. Quelques années plus tôt, deux d’entre elles ont ravagé les autres continents, y anéantissant toute vie et provoquant l’extinction de la troisième race.
À la suite d’une ultime tempête, le héros, Torik, va découvrir que des milliers de personnes sont déconnectées du réseau, ce qui implique soit la mort, soit une défaillance grave. Sans réseau, les gens sont bloqués chez eux, sans nourriture ni eau, ce qui implique leur mort à court terme. Il va donc enquêter avec sa compagne Crysta pour comprendre ce qui se passe.

 

Le monde

Seth est une planète semblable à la Terre, mais ce n’est pas la Terre. Sa technologie est avancée, bien plus que la nôtre. Elle est totalement contrôlée par un réseau similaire à notre internet. Contrairement à beaucoup de dystopies, il ne contrôle cependant pas les pensées, les individus gardent leur libre arbitre. En fait, ce réseau apporte un confort extrême aux habitants. Tout est mis en œuvre pour que les gaïens puissent vivre avec un minimum de contrariété et un maximum de plaisir. Ce qui fait de ce monde un clone du nôtre. Mais également, les gaïens en deviennent très dépendants, au point que plus rien ne fonctionne sans lui. Le réseau est actif grâce aux pyramides, des centrales construites par les Érudits et contrôlées grâce aux sphinx. L’utilisation des ressources sans limitation a entraîné un dérèglement du climat. Régulièrement, de puissantes tempêtes ravagent un continent obligeant les gens à se calfeutrer chez eux. Tout est prévu pour que personne ne puisse être surpris à l’extérieur lors d’une tempête.

 

Mon avis

L’histoire traite de deux problèmes qui sont très actuels dans notre monde. Tout d’abord le réchauffement climatique et à travers notre incapacité à prendre les décisions indispensables si cela doit entraîner une diminution de notre confort. Les gaïens sont incapables de renoncer au réseau alors que les tempêtes qu’il déclenche ont déjà stérilisé deux continents, se reposant sur leur technologie pour faire face sans changer leur mode de vie. Ils préfèrent nier le problème. Les conséquences de ce réchauffement sont proches de ce que les scientifiques prévoient pour notre avenir. Et l’aveuglement des gaïens n’est pas sans rappeler celui de notre monde où toute tentative d’améliorer les choses est aussitôt annulé par quelqu’un pour assouvir son seul plaisir ou gagner plus d’argent. Le deuxième point est la dépendance à internet qui a pris une place extrême dans notre vie. Dans de nombreux points, il s’est substitué à des services qui ont disparu. Sans ces derniers, s’il disparaissait, nous reviendrions en arrière de quelques siècles. C’est bien ce qui se passe dans l’histoire ou les défaillances locales du réseau empêchent la nourriture d’arriver, les voitures de circuler ou les ascenseurs de fonctionner (et descendre 233 étages à pied, c’est long).

Il est regrettable que l’auteur ait fait de nombreuses erreurs de concordance des temps, utilisant des passés simples là où des imparfaits auraient été nécessaires. Ces défauts sont largement compensés par un scénario intéressant et bien construit et des rebondissements qui constituent une vraie surprise. Le style fluide de l’auteur, clair et facile à lire, permet de bien profiter de l’histoire. L’équilibre est bien dosé entre les descriptions, les scènes d’action et les dialogues. Les personnages principaux sont bien dessinés et Crysta semble avoir un sacré caractère. Et, très ancrée dans notre époque, elle nous offre de nous interroger sur notre propre monde et son avenir. J’ai passé un agréable moment à lire ce roman.

« Le réseau de Seth » sur Babelio
« Le réseau de Seth » sur Booknode
« Le réseau de Seth » sur Livraddict
« Le réseau de Seth » sur Amazon

PS la série « civilisation » est pour le moment constituée des livres : « Le réseau de Seth », « Arches » et « Atlantes ».

Un commentaire sur “Le réseau de Seth

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