L’éveil du dieu serpent

xcover-3193L’éveil du dieu serpent est un livre de science-fiction qui m’a été proposé en service de presse par son auteur Christine Barsi. En me renseignant un peu, j’ai découvert qu’elle était biologiste, comme moi. J’ai aussitôt pensé chouette, un roman de SF écrit par une confrère, spécialiste de la matière, ce qui va nous permettre d’échapper aux clichés invraisemblables du genre tels que les croisements alien/humain ou les atomes qui ne se trouvent pas sur la table périodique de Mendeleïev. Pour le second, mission accomplie. Pour le premier point, c’est précisément l’un des thèmes cette œuvre. Admettons, si l’auteur arrive à nous offrir un bon récit riche en rebondissements et donne une explication plausible à ces hybrides.

Le monde :

L’histoire se passe sur Terre dans un futur pas si lointain. Les multinationales se sont emparées du pouvoir aux dépens des gouvernements. Le réchauffement climatique n’est plus un problème puisque l’écologie n’est plus la préoccupation que d’une petite clique d’illuminés vaguement attardés. L’homme compte sur sa technologie, en particulier les biotechnologies pour nous faire face aux difficultés que l’épuisement de la planète lui pose. Des végétaux génétiquement modifiés ont remplacé les cultures traditionnelles, la nature n’existe plus sauf dans de rares endroits dépourvus de potentiel économique.

Les extraterrestres sont omniprésents, ils vivent cachés sous terre et certains, prenant une apparence humaine, se mêlent à notre population et dirigent notre destinée. Les gens ne sont pas au courant même si les journaux en parlent régulièrement. Par contre, les gouvernements connaissent leur présence et certains collaborent avec eux.

 

Les personnages :

Avril Scott : un des deux personnages du livre. C’est une jeune femme, éthologue travaillant pour l’AppDen. Son but est de protéger ce qui reste de la nature. Au début du roman, elle s’occupe de la préservation d’une péninsule sauvage en Tasmanie.

Maur Evans : c’est le grand patron de BioJadh. C’est un reptilien (de son nom exact, un talavelien) caché parmi les humains.

Vladimir Poutine : je crois que je n’ai pas besoin de vous dire qui est celui-là. Si ? C’est le président élu à vie de la Fédération de Russie. Son rôle ne justifie pas sa présence dans cette liste, mais je trouvais amusant de le citer.

 

Mon avis :

Ce roman se base sur certaines théories du complot pour créer une histoire qui met en scène diverses espèces extraterrestres. On y retrouve ce qui a fait le succès de la série X-Files : extraterrestre, complot monté par le gouvernement, technologies secrètes aliens. Par ailleurs, il aborde de nombreux thèmes d’actualité : les OGM, le réchauffement climatique, la déforestation. Elle en évoque de façon réaliste les conséquences lorsque poussée à l’extrême. Les OGM par exemple, sont en train de se substituer à une nature agonisante, soit en s’hybridant, soit en la remplaçant. Elle se base sur les angoisses que le monde moderne se pose concernant ces nouvelles technologies. Par ailleurs, le monde imaginé par l’auteure est riche et complexe. Plusieurs races extraterrestres, issues de nombreuses planètes, chacune avec ses motivations, ses objectifs et ses méthodes. Tous les ingrédients sont donc présents pour faire une bonne histoire.

Malheureusement, la sauce ne prend pas. Le roman possède deux défauts majeurs, tous deux ayant d’ailleurs la même origine. Le monde imaginé ici est complexe, et l’auteure veut nous le faire connaître en détail dans un seul roman. Il en découle que chaque chapitre comporte une grande partie descriptive, ne laissant que la portion congrue à l’action qui en retour progresse très lentement. Certains chapitres sont même purement descriptifs. D’autre part, l’auteure nous assène des termes comme les noms de planètes, de races, d’alliances, sans explications, comptant sur une note de fin pour donner des éclaircissements. Un livre devrait se suffire à lui-même et limiter les renvois de pages qui brisent le fil de la lecture. Quelques-uns, cela va. Mais trop, cela devient vite indigeste. Et avec une liseuse, c’est presque impossible. Le livre aurait largement gagné à avoir moins d’explications dans le texte et plus de contexte pour éliminer ses renvois de page.

Le résultat est finalement un roman difficile, dur à appréhender à la lecture très lente si on veut comprendre. C’est dommage, parce qu’on sent que l’auteur s’est beaucoup investi dans son écriture, le monde est bien construit, cohérent, le style est clair, riche en vocabulaire, les personnages sont bien décrits. Quel malheur qu’elle s’est tant perdu dans la narration.

 

Liens :

Fiche technique :

  • Titre : L’éveil du dieu serpent
  • Auteur : Christine Barsi
  • Éditeur : 5 sens
  • Date de sortie : 20 décembre 2018
  • ISBN : 978-2-889490-83-7

 

2 commentaires sur “L’éveil du dieu serpent

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