Le réseau de Seth

xcover-1920Quand je regarde les reportages sur « Les anciens extraterrestres », je ne peux pas m’empêcher de penser que leurs concepteurs ont de l’imagination et que cela ferait un bon scénario de SF. C’est exactement ce qu’a réalisé Sylvain Sylvero, l’auteur de « Le réseau de Seth », premier tome de la série « Civilisation ». Avec brio, il a repris les extraterrestres, les pyramides, il y a ajouté quelques problèmes actuels et bien réels et  a mélangés le pour en créer ce roman. Mais il s’agit bien d’une fiction, pas d’une tentative de rendre crédibles ces lointains ancêtres. D’ailleurs, l’histoire ne se passe pas sur Terre.

Seth est une planète peuplée par trois races, autrefois ennemies. Elles se sont retrouvées là parce qu’à la suite d’une guerre terrible qu’elles se sont menée, elles ont si épuisé leurs ressources qu’elles ont finalement été obligées de collaborer en s’installant sur un même monde. Seth est dominé par le réseau, une sorte d’internet des objets auquel chaque individu est relié par une puce implantée à la naissance. Le réseau voit tout, le réseau sait tout. Le réseau peut aussi choisir la compagne idéale pour chaque gaïen (les humains de ce monde). Les gaïens sont devenus dépendants du réseau au point de ne plus pouvoir s’en passer. Il fonctionne grâce aux pyramides, des centrales construites par la race des Érudits (la seconde race) capables de convertir l’énergie solaire en énergie utilisable par le réseau. Ce système présente un revers, il réchauffe le climat planétaire au point de déclencher des tempêtes si violentes que la seule solution est de s’abriter quand elles surviennent. Quelques années plus tôt, deux d’entre elles ont ravagé les autres continents, y anéantissant toute vie et provoquant l’extinction de la troisième race.
À la suite d’une ultime tempête, le héros, Torik, va découvrir que des milliers de personnes sont déconnectées du réseau, ce qui implique soit la mort, soit une défaillance grave. Sans réseau, les gens sont bloqués chez eux, sans nourriture ni eau, ce qui implique leur mort à court terme. Il va donc enquêter avec sa compagne Crysta pour comprendre ce qui se passe.

 

Le monde

Seth est une planète semblable à la Terre, mais ce n’est pas la Terre. Sa technologie est avancée, bien plus que la nôtre. Elle est totalement contrôlée par un réseau similaire à notre internet. Contrairement à beaucoup de dystopies, il ne contrôle cependant pas les pensées, les individus gardent leur libre arbitre. En fait, ce réseau apporte un confort extrême aux habitants. Tout est mis en œuvre pour que les gaïens puissent vivre avec un minimum de contrariété et un maximum de plaisir. Ce qui fait de ce monde un clone du nôtre. Mais également, les gaïens en deviennent très dépendants, au point que plus rien ne fonctionne sans lui. Le réseau est actif grâce aux pyramides, des centrales construites par les Érudits et contrôlées grâce aux sphinx. L’utilisation des ressources sans limitation a entraîné un dérèglement du climat. Régulièrement, de puissantes tempêtes ravagent un continent obligeant les gens à se calfeutrer chez eux. Tout est prévu pour que personne ne puisse être surpris à l’extérieur lors d’une tempête.

 

Mon avis

L’histoire traite de deux problèmes qui sont très actuels dans notre monde. Tout d’abord le réchauffement climatique et à travers notre incapacité à prendre les décisions indispensables si cela doit entraîner une diminution de notre confort. Les gaïens sont incapables de renoncer au réseau alors que les tempêtes qu’il déclenche ont déjà stérilisé deux continents, se reposant sur leur technologie pour faire face sans changer leur mode de vie. Ils préfèrent nier le problème. Les conséquences de ce réchauffement sont proches de ce que les scientifiques prévoient pour notre avenir. Et l’aveuglement des gaïens n’est pas sans rappeler celui de notre monde où toute tentative d’améliorer les choses est aussitôt annulé par quelqu’un pour assouvir son seul plaisir ou gagner plus d’argent. Le deuxième point est la dépendance à internet qui a pris une place extrême dans notre vie. Dans de nombreux points, il s’est substitué à des services qui ont disparu. Sans ces derniers, s’il disparaissait, nous reviendrions en arrière de quelques siècles. C’est bien ce qui se passe dans l’histoire ou les défaillances locales du réseau empêchent la nourriture d’arriver, les voitures de circuler ou les ascenseurs de fonctionner (et descendre 233 étages à pied, c’est long).

Il est regrettable que l’auteur ait fait de nombreuses erreurs de concordance des temps, utilisant des passés simples là où des imparfaits auraient été nécessaires. Ces défauts sont largement compensés par un scénario intéressant et bien construit et des rebondissements qui constituent une vraie surprise. Le style fluide de l’auteur, clair et facile à lire, permet de bien profiter de l’histoire. L’équilibre est bien dosé entre les descriptions, les scènes d’action et les dialogues. Les personnages principaux sont bien dessinés et Crysta semble avoir un sacré caractère. Et, très ancrée dans notre époque, elle nous offre de nous interroger sur notre propre monde et son avenir. J’ai passé un agréable moment à lire ce roman.

« Le réseau de Seth » sur Babelio
« Le réseau de Seth » sur Booknode
« Le réseau de Seth » sur Livraddict
« Le réseau de Seth » sur Amazon

PS la série « civilisation » est pour le moment constituée des livres : « Le réseau de Seth », « Arches » et « Atlantes ».

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Pour un selfie avec lui

cover-1593Ceux qui me suivent savent que je n’ai pas tellement l’habitude de lire du feel good. En fait, c’est même la première fois. Mon truc c’est plutôt l’imaginaire. Mais de temps en temps, j’aime sortir de mes habitudes et essayer de nouvelles expériences littéraires. Donc pour mon premier service de presse, j’ai essayé le roman de Sam Riversag : « Pour un selfie avec lui ».

Mary et Lola sont deux jeunes amies, l’une britannique l’autre Espagnole, vivant à Londres. Mary vit avec Simon une relation satisfaisante mais monotone alors que Lola est célibataire. Tout va bien jusqu’au jour où Mary découvre Simon au lit en compagnie d’une autre femme. À partir de là, c’est la catastrophe, Simon part en laissant le chat avant de le récupérer. Simon revient, la retrompe, repart. Pendant ce temps, Lola essaie de résoudre ses problèmes en essayant de lui faire rencontrer des hommes, ou en lui tirant les cartes (la divination, elle est très forte Lola, là-dedans). Tout ça sans compter la famille : la belle-mère qui déteste Lola, ses parents qui détestent la belle-mère, la mère qui décide de s’émanciper après quarante ans de vie commune. Et c’est la que Benedict Cumberbach débarque. Pas personnellement. Mais Mary va flasher dessus et ne va plus avoir qu’une idée fixe, l’interviewer. Personnellement, je ne connaissais que pour ses prestations cinématographiques (Docteur Strange, c’est lui, Khan, c’est lui aussi). Mais outre-Manche, c’est aussi un acteur de théâtre à succès. Mary va donc créer un blog sur lui, assister à ses représentations, tenter de le rencontrer pour obtenir un selfie. Et va avoir l’idée d’une série d’articles sur lui. Sauf qu’au dernier moment, sa collègue lui fauche son concept et en tire tous les bénéfices. Mais on ne touche pas à Benedict. Et ce qu’elle n’avait pas fait pour Simon, elle va le faire pour cet acteur qui ignore jusqu’à son existence.

Vous l’aurez compris, ce roman ne se caractérise pas par son sérieux. En fait, l’histoire est complètement déjantée. Rien que les séparations/réconciliations continuelles de Mary et Simon auraient fait le bonheur de Feydeau. Mais tout est à l’avenant, le mysticisme de Lola, la tyrannie du père, la belle-mère castratrice, la collègue hypocrite, le chat qui se balade d’un logement à l’autre au gré des disputes. Et l’influençabilité extrême de Mary qui suit tous les avis qu’on lui donne, même mauvais, ou reprend Simon dès qu’il retrouve le chemin de son appartement. Le seul élément stable dans la vie de Mary, c’est Trevor, le copain d’enfance, soutien moral solide et pourvoyeur de bons conseils (dont la mise en œuvre… Enfin, c’est Mary, quoi !). Bref, vous serez entraîné à cent à l’heure dans un tourbillon d’événements qui vous ne lâchera plus jusqu’à la fin.

Mon avis

Je suis parti en terrain inconnu, mais sans a priori. Et j’ai bien aimé. C’est un premier roman, mais l’écriture est maîtrisée. L’auteure manie l’humour avec art et arrive à rendre crédible la vie rocambolesque de Mary. On s’intéresse vraiment aux aventures de Mary. L’histoire est courte et se lit d’autant plus vite qu’il nous happe littéralement dans un tourbillon. Tout s’enchaîne à cent à l’heure, sans temps mort. Et même si ce roman n’est pas parfait, il m’a procuré un agréable moment détente.

 

« Pour un selfie avec lui » sur Babelio
« Pour un selfie avec lui sur Babelio » sur Booknode
« Pour un selfie avec lui » sur Livraddict
Site auteur de « Sam Riversag »

 

PS : Benedict Cumberbatch n’est pas le seul point commun avec les Avengers. Mais pour le savoir, vous devrez aller jusqu’au bout du livre. Tout au bout. Vraiment au bout. Il y a une scène post-crédit.

Les dérobés de Berenia

les derobés de BereniaJe n’ai publié aucune critique pendant neuf mois et soudain en voici deux en moins d’une semaine. Au début de l’année, j’avais « La paysanne » à finir avant sa sortie et je m’étais plus impliqué dans la correction de textes de jeunes auteurs que dans la lecture. À cela s’ajoute que je ne chronique que les romans autoédités, et que ces derniers temps j’ai lu beaucoup d’œuvres poussées par des maisons d’édition traditionnelles. Mais je dispose d’une longue PAL dans ce domaine, vous allez donc voir le nombre de mes chroniques augmenter.

Les dérobés de Berenia est le premier roman d’un cycle intitulé « L’éclat et l’ombre ». Il est publié par Audrey Marin-Pache une jeune autrice de fantasy que j’avais déjà rencontrée précédemment via internet puisqu’elle fait partie des toutes premières chroniqueuses de « La paysanne ».

L’histoire se déroule dans un monde où la magie est omniprésente, plus précisément dans le royaume de Berenia. La magie la plus convoitée y est celle des soins. Mais avec l’arrivée d’un nouveau roi, les jeunes soignants en formation disparaissent mystérieusement. Eryn, étudiante à l’académie de Berselen, une ville éloignée de la capitale, ne croit pas à cette histoire. Jusqu’au jour où elle est à son tour victime des ravisseurs.

Les personnages.

L’histoire est racontée à la 1re personne. Il y a donc un personnage omniprésent puisqu’on vit tous les événements par son intermédiaire. Certains autres toutefois se détachent du lot.

Eryn : C’est l’héroïne de l’histoire et la narratrice. Elle est une étudiante de l’académie de soin, donc soignante en devenir, mais manquant encore d’expérience dans ce domaine. Son éclat de magie est bien évidemment le soin, le plus rare et le plus convoité.
Lucya : jeune femme qui dirige le travail des ravisseurs pour mener les dérobés au roi. Elle bénéficie d’un éclat de danse.
Elphege : c’est un jeune homme disposant des mêmes compétences magiques qu’Eryn, mais plus expérimenté. Il va entraîner la jeune femme à s’en servir.

Ces trois personnages sont les plus importants du roman, mais ils en côtoient bien d’autres.

La magie

Le titre de la série la décrit littéralement. À la puberté, chaque enfant reçoit un éclat de magie. Ceux-ci recouvrent toutes les compétences nécessaires au fonctionnement de la société. Eryn hérite d’un éclat de soin, mais il existe aussi des éclats de force, de vitesse, de mémoire, de danse. Quand une personne se sert des capacités de son éclat, cela augmente sa part d’ombre. Lorsque trop d’ombre a envahi une personne, elle peut en mourir. La façon dont la nature de l’éclat est révélée est bien décrite dans le livre. Et son utilisation ne nécessite pas de rituels particuliers et souvent ridicules comme on en trouve généralement dans d’autres romans.

L’univers

Contrairement à beaucoup d’œuvres de fantasy, il n’existe pas de multiples races. On ne trouve que des êtres humains dans ce roman. En fait, si on excepte la géographie, ce monde ressemble beaucoup au nôtre, à l’époque de la Renaissance ou du moyen-âge. On identifie dans l’histoire deux pays voisins : Berenia et Lupesia, mais il en existe d’autres (des personnages évoquent le royaume de Korlish). Malgré leur proximité, ces deux pays sont très différents. Par exemple, Lupésia pratique l’esclavage alors que Berenia réprouve cette pratique. Berenia présente comme particularité d’être une monarchie démocratique, le roi y est élu par la population. Bien qu’anodin en apparence, ce fait explique le comportement de beaucoup de personnages. Enfin, même si la religion est peu abordée dans cette histoire, on comprend qu’elle joue un grand rôle puisque le pays dispose d’une capitale politique et d’une capitale religieuse.

L’histoire.

Elle commence rapidement. On est tout de suite plongée dans l’action. Il n’y a pas de longue introduction ni de prologue qui nous raconte tout cela. L’auteur nous distille tous ces éléments au fil de l’histoire. Quelques flash-back nous permettent de connaître le passé d’Eryn quand c’est nécessaire à la compréhension des événements. On comprend donc parfaitement tout ce qui se passe sans qu’on ait besoin d’explications supplémentaires. L’histoire, bien que courte, est riche. Le scénario plein de rebondissements nous amène là où on ne s’attendait pas en commençant la lecture. À cela s’ajoute une écriture claire. Écrit directement en français, il ne souffre pas des affres de la traduction, nous pouvons donc apprécier pleinement les qualités littéraires de l’autrice. Tout cela rend ce roman très addictif.

Mon avis.

Comme signalé plus haut ce roman est très addictif. Il ne m’a fallu que deux jours pour lire alors que le roman précédent, de même taille, m’aura occupé une semaine entière. Autant le scénario très original que le monde qui échappe aux clichés ou le personnage qui tente courageusement de faire face alors que les événements la dépassent, tout a contribué à me faire aimer ce roman. Il n’a qu’un seul défaut, ce n’est qu’un tome 1 et le tome 2 n’est pas encore publié.

 

« Les dérobés de Berenia » sur Amazon
« Les dérobés de Berenia » sur Babelio
« Les dérobés de Berenia » sur Booknode
« Les dérobés de Berenia » sur Livraddict

 

L’œil du dieu serpent

160544134-352-k682082J’ai déjà parlé dans un message précédent de Lynkha3. Elle venait de publier sur Wattpad un roman fantastique : « Le crépuscule des veilleurs ». Son deuxième roman est également disponible sur Wattpad. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est à la hauteur du premier.

« L’œil du dieu Serpent » se déroule dans les Caraïbes, pendant l’âge d’or de la piraterie, vers la fin de la carrière du tristement célèbre Henry Morgan. Quelques années avant l’histoire, des conquistadors dévastent la dernière ville Maya encore en activité et pillent ces trésors. Au moment du récit, le dieu serpent des Mayas a décidé de se venger en détruisant. Pour le calmer, il faut lui rendre ce qui lui a été volé. Et ce n’est pas facile.

Les personnages.

Ici, il n’y pas vraiment de héros, mais plutôt un ensemble de personnages majeurs qui vont vivre leur vie avant de se retrouver pour le final. Quatre d’entre eux cependant ont une importance primordiale puisque c’est à travers leurs yeux que l’histoire est racontée.
Antiope : c’est la capitaine de l’Espérance, un navire de flibustier qui opère dans les Caraïbes. Une belle femme au passé trouble douée d’une aptitude certaine à survivre envers et contre tout. Elle déteste Henry Morgan. Fidèle, elle est prête à tout risquer pour ceux qu’elle aime.
Sèwanou : c’est un esclave marron également, chaman de son état. Son but est de récupérer sa femme et son fils toujours détenus chez son maître.
Louise : jeune femme noble, fille d’un archéologue au service de Louis XIV. Elle sera bien malgré elle entraînée dans des aventures. Séparée de son père, elle n’aura de cesse de le retrouver.
Choco : Capitaine de « La main noire ». Il est le fils du roi des cimarrons et le père de Thiamé. C’est un houngan, un sorcier vaudou capable de parler aux loas (les grands esprits vaudous), mais d’ascendance maya il sait aussi prier leurs dieux.

Cependant, ils côtoient bien d’autres personnages importants qui donnent toute sa richesse à ce roman, comme Thiamé, la fille de Choco et dernière prêtresse maya encore en vie ; Henry Morgan, pirate célèbre ayant écumé les Caraïbes avant de leur donner la chasse ; williams le second d’Antiope et frère d’Isabel ; Isabel la mère de Thiamé, ainsi que Jankebey et Har le rouge les deux compagnons de toujours d’Antiope. Il y a plus toutefois, ce sont les dieux qui participent à l’action au côté des humains. Dieux vaudous, dieux mayas et esprits chamaniques africains. Certains, comme Baron Samedi et Erzulie sont des héros à part entière. Le pauvre dieu des chrétiens est bien à la peine en ses lieux. Même ses croyants préfèrent s’adresser aux autres dieux plutôt qu’à lui, c’est dire.

 

L’histoire.

Elle se déroule dans les Caraïbes, principalement entre la Jamaïque, Cuba et Saint-Domingue, mais aussi en d’autres endroits. On visite au fil de l’histoire les hauts lieux de la colonisation de cette époque : Port-Royal, Petit Goave, la Navasse, La Vera-Cruz. Les événements s’appuient sur des faits historiques authentiques (comme le pillage de La Vera-Cruz) en les adaptant aux besoins du scénario. On découvrira les premiers établissements en Amériques, les lieux de commerce, des plantations, les rites vaudous et naturellement les bateaux, omniprésents dans l’histoire. Par ailleurs, le roman lève le voile sur une page méconnue de notre passé : celle des esclaves marrons (nommés cimarrons par les Espagnols) qui ont fondé leurs royaumes dans les Caraïbes et disposaient de leurs propres navires, échappant à l’autorité des Européens.

 

L’écriture.

Comme dans son précédent roman, la plume est fluide et précise, et la lecture est aisée. Pour certains mots spécifiques, un glossaire figure en fin d’ouvrage. On entre facilement dans l’histoire et on s’identifie aux personnages. Leurs motivations nous sont claires sans que le style en devienne lourd.

Mon avis.

C’est un roman de qualité qui mérite d’être lu. À la fois pédagogique et distrayant, il procurera à tous un bon moment de plaisir. C’est avec impatience que j’attend le prochain de l’auteure (qui devrait se passer dans la Chine Antique).

« L’œil du dieu serpent » sur Wattpad

« L’œil du dieu serpent » sur Scribay.

Créer une cosmologie

La cosmologie, aux côtés de la cosmogonie, constitue un aspect qui permet de définir un cadre dans lequel vous allez pouvoir construire votre monde. Même si ces deux éléments ne sont pas indispensables, ils vont permettre d’améliorer sa cohérence. Ils se révèlent bien utiles. Et même si vous ne les faites pas partager au lecteur, leur influence sur l’histoire va vous permettre de rester sur des rails et éviter d’écrire n’importe quoi.

Alors que sont ces deux éléments ? La cosmologie décrit la place du monde dans l’univers. La cosmogonie s’occupe de la façon dont ce monde a été créé. Souvent, les deux sont indissociables : le monde ne pourrait pas être comme il est s’il n’avait pas été créé d’une façon bien précise. Néanmoins, je vais les traiter séparément.

Ces deux concepts constituent une des principales différences entre deux grands groupes des littératures de l’imaginaire. En science-fiction, la cosmologie joue un grand rôle alors que la cosmogonie est importante surtout en fantasy. Mais on trouve de la cosmologie en fantasy. C’est pourquoi je vais commencer par elle.

Comme je l’ai précisé, la cosmologie est surtout importante en SF. Mais elle n’est pas absente de la fantasy. Le meilleur exemple est illustré par l’image illustrant cet article dans laquelle certains ont reconnu « Les annales du disque-monde » du regretté Terry Pratchett. L’auteur y décrit un monde plat, porté par quatre éléphants, eux-mêmes perchés sur le dos d’une tortue géante.

En général, votre histoire se situera sur une planète tout à fait standard, qui tourne sur elle-même et en orbite autour d’une étoile.

Alors, que devez-vous donc définir dans votre monde ? Déjà, le monde lui-même. Est-ce une planète, un disque plat ou autre chose ?

Prenons l’exemple de Majipoor, du toujours fringant Robert Silverberg. Ici, nous avons affaire à une planète géante. L’auteur voulait un cadre gigantesque avec des distances immenses pour que le moindre déplacement soit une expédition. Seulement, une planète immense possède forcement une gravité gigantesque, impropre à la vie humaine. Sauf si sa densité est plus faible, ce qu’il explique par une pauvreté en métaux du noyau et de la croûte. La conséquence, importante pour l’histoire, est la perte partielle de la technologie mécanique de ce monde et un retour à des techniques plus primitives pour la plus grande partie de la population (les nobles, c’est autre chose). Par ce simple fait, l’auteur explique en se basant sur des bases scientifiques, sans faire intervenir la magie, comment des humains ont pu s’installer sur ce monde et pourquoi ils vivent presque comme au moyen-âge. Presque, pas tout à fait : leurs roulottes sont tractées par des animaux mais sont équipées de flotteurs au lieu de roues.

Dans une autre saga de fantasy qui flirte avec la science-fiction, la planète Cottman IV orbite autour d’une géante rouge qui donne peu de chaleur et de lumière. La planète possède un climat froid. La civilisation se concentre autour de l’équateur et la population se considère en été quand il s’est écoulé une semaine sans qu’il neige. L’autrice, Marion Zimmer-Bradley, va décrire un monde où toute la vie est axée sur la résistance à ce froid extrême et sur le moyen de profiter des rares jours de beau temps quand ils surviennent. Cottman IV est le nom donné par les terriens quand ils la découvrent, mais les natifs la nomment Ténébreuse (Darkover en version originale), en référence à la faible luminosité donnée par leur soleil.

Enfin, le système stellaire peut être plus exotique au point de défier les lois de la physique, où les planètes ont un comportement totalement imprévisible. Je pense qu’un leitmotiv tel que « L’hiver vient » devrait vous suffire à vous faire comprendre de quoi je parle.

Une question que je vais régler ici. Le soleil, dans un monde normal (une planète autour d’un soleil) peut-il se lever à l’ouest ? Beaucoup d’auteurs utilisent cette ficelle pour donner un côté exotique à leur monde. Sauf que c’est incorrect. La réponse rapide : le soleil se lève toujours à l’est parce que l’est est défini comme le côté où le soleil se lève. Si votre soleil se lève à l’ouest, c’est que vous vous êtes planté dans la définition de vos points cardinaux. En réalité, cette définition est simpliste, et il existe un cas où le soleil peut se lever à l’ouest, un seul : si le jour dure plus que l’année. Je ne détaillerai pas ici ce concept, mais si ça vous intéresse, je pourrais vous le mettre en commentaire.

Un autre élément à définir, ce sont les satellites de ce monde. Leur nombre, leur nature, leur sens de rotation, autant de phénomènes qu’il est possible de personnaliser. Dans « Les soldats de la mer » de Yves et Ada Rémy, les auteurs ont utilisé les lunes pour identifier leurs mondes : une seule pour le nôtre, deux pour celui de la fédération de Laërne. Dans « La geste des princes d’Ambre » de Roger Zelazny, c’est la lumière de la lune qui ouvre le passage vers la première ombre d’Ambre. Dans « Chronique d’une rôdeuse de la mer et du feu » de Vindikaëll, le lever de la lune rouge Silik, sans sa sœur Séléni annonce une prochaine catastrophe.

Toutefois en fantasy, les mondes ne se limitent pas à des planètes en orbite autour d’une étoile. J’ai déjà cité auparavant : « le disque-monde ». Mais il y a aussi par exemple ce de « La horde du contrevent » d’Alain Damasio qui semble constitué d’une simple bande limitée par des surfaces polies comme du verre. Ce qui explique pourquoi toutes les expéditions passent par les mêmes points et arrivent au même endroit.

Enfin, il y a toute une catégorie de monde qu’il ne faut pas oublier. Ce sont les mondes virtuels et artificiels. On les trouve surtout en science-fiction, mais rien n’interdit d’en placer en fantasy. La différence entre les deux est simple.

– Un monde virtuel n’existe que dans la mémoire d’un ordinateur ou dans les pensées d’un être qui l’imagine (ce dernier point étant accessible à la fantasy). Dans ce genre de roman, le sujet est souvent de faire découvrir cette particularité au héros de l’histoire et au lecteur. Je ne peux donner aucun titre sans risquer de dévoiler une intrigue. Je citerai toutefois « le cycle des princes d’Ambre ». Lorsque le héros se concentre sur une ombre aux caractéristiques précises, elle apparaît. Il y en a toujours une qui correspond. Mais on ne sait pas si elle existait avant où si elle est créée par l’imagination du prince. Eux-mêmes ne le savent pas.

– Par opposition, un monde artificiel existe réellement dans le domaine physique. Il est solide, constitué de matière. Toutefois, son apparition ne résulte pas d’un processus naturel, mais est le fait d’un créateur. L’exemple le plus représentatif est « La saga des hommes-dieux » de Philippe José Farmer. Chaque univers a été crée par les thoans, une race ancienne et technologiquement évoluée (sur le plan éthique par contre…), il est clos et communique par des portes dimensionnelles avec ses voisins. Personne ne connaît l’aspect de l’univers réel puisque nul n’est jamais sorti de ce réseau artificiel, même les thoans. Certains univers sont construits de façon à donner une impression d’infini à leurs habitants (je vous laisse deviner lequel) alors que d’autres sont enfermés dans des boîtes bien visibles.

Enfin, vous pouvez vous amuser à tout mélanger. Par exemple créer un monde plat, avec bordure et virtualisé dans une mémoire d’ordinateur.

Maintenant que vous avez construit votre monde, défini comment il fonctionne. Il reste à savoir comment il est apparu. Ça, c’est le domaine de la cosmogonie. Mais ceci est une autre histoire.


Image : Moscito1 (Pixabay)

Créer un monde de fantasy

Dans la littérature de l’imaginaire, le fantastique se distingue de la fantasy par le fait que le premier se déroule dans notre monde alors que le second se passe dans un monde totalement imaginaire qui fonctionne avec des règles différentes. L’auteur de fantasy aura donc en plus de son activité d’écriture la création de ce monde. Alors bien sûr, si vous n’écrivez qu’un seul livre qui se déroule dans une fraction réduite de ce monde, vous n’aurez pas à tout définir dans les moines détails. Et si vous situez votre action dans un lieu très restreint comme une ville, voire le harem d’un palais, vous n’aurez pas grand-chose à imaginer. Mais si vous vous lancez dans une saga, vous devrez être suffisamment exhaustifs pour garder la cohérence de votre récit.

Quand on crée un monde de fantasy, que faut-il y mettre ? La géographie, bien sûr. Surtout si vos personnages voyagent. Les peuples également, aucun monde n’est peuplé que d’une seule ethnie. Et certains pensent au climat. En fantasy, il faut aussi penser à deux aspects qui la caractérisent : la magie et les races. Enfin, d’autres aspects permettent de rendre le monde plus réaliste : les langues, l’économie, les religions, la culture, les saisons, le calendrier. Il en est un auquel on pense rarement. L’histoire. En effet, aucun monde n’a surgi tel quel du néant. Il a un passé, l’état dans lequel il se trouve au moment de votre histoire provient d’une situation antérieure qui peut expliquer certains aspects de son mode de vie.

Dans tous les cas, il ne faut jamais oublier qu’un monde n’est pas homogène. Il n’y a pas qu’une seule langue, une seule monnaie ou un seul climat. Enfin, on ne crée par un monde étape par étape en faisant d’abord la géographie, puis les peuples. On va le construire petit à petit au fur et à mesure pour le faire répondre à nos besoins, par tous les côtés à la fois. Il n’est pas non plus figé. Un monde de fantasy n’est pas une contrainte qui bride notre imagination, c’est un cadre qui nous permet de situer nos histoires. Il est possible de le modifier au cours de la réaction, dans la mesure où cela n’induit pas d’incohérence avec les textes déjà publiés. Enfin, quelques petites erreurs ne remettent pas forcement en cause l’intérêt des histoires. Après tout, l’une des plus célèbres sagas de fantasy, La romance de Ténébreuse, disposait d’une géographie si mal définie qu’il était impossible de la reconstituer pour reconstituer une carte qui prenne tous les romans en compte.

Je vous propose dans les articles suivants de construire un monde. Nous allons prendre pour exemple Uv Polin, le monde que j’ai crée pour situer les sagas de « La malédiction des joyaux » et de « La guerrière libre ».


Image : Rogier Hoekstra (Pixabay)

 

La Paysanne : Sortie officielle

Mockup 3D La Paysanne

Couverture de la PaysanneAprès des mois de relecture et de correction, le roman « La paysanne », premier volet de « La malédiction des joyaux » est publié.

Cette histoire nous présente Deirane, l’héroïne du cycle, dans une mission de sauvetage afin d’éviter à une fillette de subir le sort qu’elle, vingt ans plus tôt. En effet, à la fin de son adolescence, la jeune paysanne qu’elle était alors a été capturé par un drow qui en a fait une œuvre d’art vivante. Cet acte va faire d’elle une personne précieuse et convoité, lui offrant une vie d’esclavage à laquelle elle aura du mal a échapper. Aussi quand son tortionnaire réapparaît, elle va se lancer à sa poursuite pour sauver sa dernière victime. Par chance, elle va recevoir l’assistance d’individu puissants qui vont l’aider dans sa mission. Tout ceci se passe dans un monde qui se remet d’une guerre terrible, mais qui reste dangereux et en grande partie hostile à la vie.

Pour ceux qui ont fait connaissance avec Deirane via l’édition précédente de ce livre, l’histoire est la même. Mais à la suite de conseil de nombreuse personnes, dont un éditeur à la retraite et un auteur indépendant, le roman été entièrement réorganisée de façon à la rendre plus agréable à lire.

Le Roman est disponible en ligne sur la boutique lulu, ainsi que, pour ceux qui utilisent une liseuse kindle, sur Amazon.

La déserteuse

deserteusePour la nouveauté du mois, j’ai choisi un livre sur Scribay, le petit frère français du géant Wattpad. Ce livre est « La déserteuse » de Brad Priwin.

« La déserteuse » fait partie d’un ensemble de romans qui se déroulent dans le même monde. Mais il n’est pas l’élément d’une saga. C’est bien une œuvre unique qui peut se lire indépendamment des autres textes. Il existe toutefois quelques personnages secondaires récurrents.

Carône, le royaume le plus puissant du monde occidental, est menacé par les activités de son voisin instable du sud-est, le Ridilan. Sous l’influence de Jalode Nalei, la grande générale, il va donc monter une armée afin de contrer la menace en envahissant le petit royaume avant qu’il ne soit trop tard. Denna Vilagui, une jeune femme apprentie peintre, va être enrôlée de force afin de participer à la « libération du Ridilan ». C’est la vision de cette dernière qui va être racontée dans l’histoire. On va la suivre à travers sa formation de soldat puis pendant la campagne. Au cours de celle-ci, divers vérités vont remonter à la surface.

Bien que l’histoire mette en scène une unité de l’armée de Carône, le royaume lui même est assez peu décrit, ce qui est logique puisque le sujet est une campagne. On en a quand même une idée largement suffisante pour comprendre tout ce qui est en jeu. En revanche la vie militaire est bien détaillée, de même que le royaume du Ridilan puisque c’est là-bas que se déroule la majeure partie de l’action. On y découvre la culture, les institutions et le mode de vie des ridilanais ainsi que ce qui les oppose à Carône, auxquels se rajoute quelques des notions de la géographie.

La principale originalité de ce roman est qu’il est vu par les yeux d’une apprentie peintre. Le vocabulaire employé est donc celui de la peinture et un filtre en relation avec cet art est appliqué à tous les événements. Toutefois, ce roman ne se limite pas à cela. Loin de là. On y trouve toute une collections de personnages bien dessinés. L’héroïne tout d’abord, Denna dont on va suivre l’évolution tout au long de l’histoire. Mais aussi les soldats de Carône, la générale et quelques ridilanais. Malgré leur nombre, le lecteur n’est pas perdu et n’a aucun mal à les reconnaître quand ils se présentent.

À côté de l’action, cette histoire aborde de nombreux thèmes qui en font un roman bien plus riche que ce que l’on rencontre habituellement en fantasy. Généralement dans ce style on a un bien et mal clairement identifié. Ce n’est pas le cas dans « La déserteuse ». Tout au long de l’histoire, l’identification de ces deux pôles varie, sans être vraiment claire. De même, la mort n’est pas aussi propre que dans, par exemple, les œuvres d’Eddings. La guerre est décrite sans fard, avec sa violence et ses exactions, loin de la noblesse qu’on lui attribue généralement. Il n’y a que des hommes lâches, cruels ou courageux selon les cas, mais rarement de vrais héros superbes et flamboyants. D’autres thèmes tels que la intolérance ou l’homosexualité sont aussi évoqués. Intolérance où une société civilisée à établi une norme de ce qui est la façon correcte de vivre et tente d’éradiquer tout ce qui s’en éloigne un peu, que ce soit culture, mode de vie ou religion. Enfin, bien que léger, on distingue en toile de fond le glissement d’un état civilisé vers le totalitarisme, comme cela s’est produit en Europe dans les années 1930.

La grande force de ce livre est, bien que raconté par l’héroïne après que les événements se soient produits, le dénouements est totalement inattendu. C’est un moment de lecture agréable et enrichissant. Un roman qui aurait plus sa place sur les rayons des libraires que d’autres romans édités par de grandes maisons.

La déserteuse sur Scribay.

Yggdrasil : La Prophétie

Yggdrasil_la_prophetie-recto (1)Yggdrasil est l’œuvre de Myriam Caillonneau, auteur auto-édité. Il décrit un univers distopique à l’échelle de la Galaxie. Une dictature religieuse a pris le contrôle des mondes humains et impose son joug de la façon la plus violente qui soit. Au centre de cette puissance : Dieu, un être d’apparence humaine doué de pouvoirs quasi divins. La dictature qu’il a créé repose à la fois sur ses pouvoirs, mais aussi et surtout, sur la force de frappe militaire dirigée par des soldats fanatisés qui n’hésite pas à anéantir toute une population pour éliminer quelques rebelles. C’est un règne de terreur, doublé d’une xénophobie extrême pour tout ce qui n’est pas humain, qui s’est abattu sur la Galaxie.

Dans cet univers terrible, quelques individus apparaissent parfois, dotés de dons étranges similaires à ceux de Dieu. Ils sont impitoyablement traqués par l’Inquisition et éliminés. Mais une prophétie fait son chemin annonçant l’arrivée d’un de ces êtres qui va renverser Dieu et libérer l’univers.
Nayla est une jeune femme originaire d’une planète tranquille, en marge des grands événements qui secouent les mondes plus importants. Dans son enfance, elle a assisté au génocide des habitants de la planète jumelle de celle où elle vit, en représailles à sa rébellion contre le pouvoir de Dieu. À l’âge adulte, elle doit quitter son monde natal pour accomplir son service militaire. Elle est envoyés sur une base perdue dans un coin paumé de l’univers. À la suite d’une intervention destinée à mater une rébellion dans une mine elle va se retrouver poursuivie par l’Inquisition qui ne va pas hésiter à s’en prendre aux siens. Tout semble indiquer qu’elle serait cet espoir que la Galaxie attend.
La prophétie est le premier volet de la trilogie « Yggdrasil ». C’est un space opera mâtiné de fantasy. Il ressemble à nombre de romans qui décrivent la lutte entre le bien et le mal. L’originalité est qu’ici le mal est incarné par Dieu lui-même et le bien par les hérétiques qui s’opposent à lui. Un dieu pas si omnipotent que cela puisque malgré sa divinité qui le rend quasi invincible il ne peut pas s’éloigner de la source de sa puissance de plus de quelques dizaines de mètres. Il règne donc sur une galaxie immense tout en étant lui-même prisonnier de son trône. L’héroïne aussi échappe aux schémas classiques de la fantasy. Elle n’est pas la descendante d’un ancien héros, elle n’hérite pas des armes de son père quand elle devient elle-même héroïne apprentie, elle n’est pas promue à un avenir exceptionnel dès sa naissance, aucun mentor ne veille sur elle avant de la prendre en charge. C’est une jeune femme normale qui a vécu une enfance aussi normale que possible dans un monde en proie à la violence. On a d’ailleurs souvent envie de la prendre et de la secouer pour qu’elle se bouge un peu. Tout le contraire donc du héros qui veut absolument en découdre avec le méchant au mépris de toute prudence.

Reste la grande question, pourquoi Yggdrasil. Dans la mythologie scandinave, Yggdrasil est l’arbre monde qui porte et relie tous les univers entre eux. Dans ce roman, c’est… Eh bien, si vous voulez le savoir, vous savez ce qui vous reste à faire.

 

Yggdrasil sur Babelio

Yggdrasil sur Amazon

Yggdrasil sur le site de l’auteur

Le crépuscule des Veilleurs

CrepusculeVeilleursLes plateformes de rédaction collaborative telle que Wattpad ou Scribay permette de découvrir des romans de qualité dès leur naissance en quelque sorte. Le texte que je vous présente aujourd’hui vient du premier de ces site. Il n’est pas achevé, l’auteur publie au rythme d’une partie par semaine. Mais il y déjà suffisamment de chapitres en ligne pour se faire une idée de l’histoire. Et l’impression qui se dégage est positive.

Le crépuscules des Veilleurs de Lynkha3 est une histoire de fantasy qui se déroule dans notre monde en 1534. Plus exactement, en Europe occidentale : Angleterre, France et telle que l’histoire se déroule, bientôt l’Italie. Donc nos héros se ballade à travers l’Europe de la renaissance, ce qui nous permet au passage de la découvrir.

Les Veilleurs, dont il est question dans le titre, sont des individus capables de voir et d’intéragir sur la toile, une structure qui enveloppe notre monde et relie toutes choses. Agir sur les fils de la toile produit donc des effets qui ressemblent à la magie. Le problème étant que cette toile étant un unique objet, son utilisation est aussitôt connue des autres Veilleurs. La toile a également une deuxième fonction, elle sépare notre monde de celui des esprits. Sa rupture permet donc le passage chez nous d’entités potentiellement maléfiques et meurtrières. Elle permet aussi d’accéder à d’autres dimensions comme celle des fées. La toile semblant être générée par les être humains, elle est très forte dans les endroit fréquentés et très ténues dans les lieux déserts. Les individus incapables de la voir sont les Dormeurs. Plus le temps passe, plus la toile se rigidifie et plus la magie est dure à pratiquer. C’est pourquoi il n’y a plus de veilleurs de nos jours, mais il y en avait encore quelques uns en 1534, époque où se déroule l’histoire. Par le passé, les Veilleurs savaient fabriquer des objets capables d’amplifier les pouvoirs de ceux qui agissent sur la toile, mais ce savoir s’est perdu. C’est donc vraiment à la fin de l’ère des Veilleurs que ce situe ce roman, à leur crépuscule.

L’histoire met en scène deux groupes d’individus. Un premier mené par le Pape qui va tenter de s’emparer de plusieurs objets magiques – ramenés de Terre Sainte lors des croisades – ainsi que d’un grimoire qui recense le savoir des anciens Veilleurs. Leur but est de reconstituer la puissance passée des Veilleurs au mépris des risques encourus, le principal étant une rupture de la toile qui ouvrirait le passage vers notre monde aux démons. Le second groupe, mené par un noble Français, va tenter de les en empêcher. Tout ceci sur fond d’apocalypse puisque les sceaux des quatre cavaliers ont été brisés et qu’ils sont lâchés sur le monde.

Le héros de cette histoire est Guillaume, jeune homme à peine sortit de l’adolescence, qui joue les rôles féminins dans une troupe de saltimbanques itinérante. Toute l’histoire est racontée à la première personne selon son point de vue. C’est un Veilleur, à l’instar de la plupart des membres de la troupe et c’est au sein de ses acteurs qu’il va mener sa quête. En chemin, il va recevoir de l’aide de divers individus.

L’histoire se déroule lors de la renaissance. En 1534 plus exactement. Et cette date n’est pas un hasard. C’est l’année ou l’Église d’Angleterre se sépare de la tutelle du Pape, ou le roi Henry VIII officialise son mariage avec Anne Boleyn, entre les 7e et 8e guerres d’Italie et à l’apogée de la puissance de Charles Quint. Ces événements constituent la trame de fond de l’histoire. Ils ont des répercussions sur son déroulement et quelques personnages historiques célèbres – tels que François 1er – apparaissent à l’occasion. Ce roman est donc l’occasion de présenter l’histoire européenne à cette époque charnière et ce d’autant plus que l’auteur semble s’être bien documenté et n’a pas trahis les faits.

Actions, révélations, secrets, trahison, mystères, tous les ingrédients qui participent à une bonne histoire s’y retrouvent. C’est un roman passionnant que je vous invite à découvrir.

Le crépuscule des Veilleurs sur Wattpad